L'Aquitaine viking

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DROIT DE REPONSE.
A l'article 

Les tridents de la Mer

De Paul-François PAOLI
Le Figaro littéraire, 21 juillet 2005

Du procès stalinien… au publi-reportage.
ou
Comment assassiner un livre ?


« Dernier exemple en date de  cette tendance à magnifier leur rôle : le Secret des Vikings, livre où (sic : « dans lequel » aurait été plus français) Joël Supéry prétend prouver que ces redoutables nomades (sic : traiter ces gens qui ont fondé des colonies partout de nomades est assez cocasse !) se seraient sédentarisés en Gascogne au cours du IXe siècle, une réalité qui serait passée inaperçue des chercheurs. Pour ce gascon érudit qui a lu maintes chroniques écrites depuis le Moyen-Âge, les Vikings sont, à n’en pas douter, le grand refoulé (sic : le pluriel s‘impose) de notre histoire. Et pour cause puisque , selon Joël Supéry, les historiens n’ont pas compris leur stratégie occulte. Si Ragnar, Asgeir et Bjorn, chefs mentionnés par les archives mettent à feu et à sang la Francie, ce n’est pas pour piller les monastères carolingiens, et s’en repartir chargés de butin, mais pour parvenir à travers un plan concerté, à contrôler le commerce méditerranéen tenu par les Sarrasins.

Le profane en lisant cet ouvrage est impressionné par tant de références censées éclairer le « Mystère viking ». L’ennui est que l’on sent l’auteur tellement soucieux de démonstration que le livre apparaît vite pour ce qu’il est ; une thèse. La lutte du roi breton Nominoé contre le capétien  Charles le Chauve (sic : c’est un carolingien)? La main des Vikings qui cherchent à déstabiliser le royaume franc. Le savoir-faire des Basques dans le domaine de la chasse à la baleine ? L’apport des Vikings qui étaient experts en la matière. Les villes de Bayonne ou de Biarritz ? Des ports fondés par les Vikings. Henri IV lui-même n’a-t-il pas reconnu, à demi-mot, son ascendance scandinave ? Nul doute que les grands blonds aux yeux bleus qui se trouvent un peu partout en France, vont à la lecture du livre, entamer des recherches généalogiques. Mais les Vikings en ont vu d’autres.

Voilà la synthèse pour le moins disgracieuse qu’a jugée bon d’écrire Monsieur PAOLI.  C’est son droit d’être disgracieux. Le problème, c'est que derrière cette entrée en matière poussive, Monsieur PAOLI va faire un développement pour le moins déplacé. Enfin, présenter son article comme une « polémique » est assez malhonnête. J'ai découvert l'existence de cette polémique en ouvrant le journal... 

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Du procès stalinien… 

En juin 2005, mon éditeur, Olivier FREBOURG, dont je n'ai eu qu'à me louer, fondateur des Equateurs, m’appelle pour m’annoncer que j’allais recevoir un appel du Figaro. Ils allaient écrire un article sur le livre que nous venions de publier, le Secret des Vikings sorti en mai. J’ai attendu, mais je n’ai rien reçu.

Le 21 juillet, j’avais la surprise de découvrir que mon livre faisait la Une du Figaro littéraire dans un article intitulé « Vikings : les tridents de la mer ». D’emblée, le sous-titre m’a interpelé ;

Une polémique oppose l’universitaire Régis Boyer à Joël Supéry, qui prétend démontrer que le Sud-Ouest de la France a subi les invasions nordiques.

J'ignorais l'existence de cette polémique et découvrais donc l'article avec intérêt.

Régis BOYER, j’avais survolé sa prose en réalisant mes recherches. Une lecture rapide des quelques pages consacrées aux invasions vikings en France, le véritable sujet de mon travail, m’avait convaincu qu’il n’était pas et ne serait jamais une référence sur la question.

Cependant, mon éditeur Olivier FREBOURG était assez inquiet. Régis BOYER faisait la pluie et le beau temps dans le microcosme parisien. Non qu’il eut été le meilleur sur la question, mais il cumulait deux qualités énormes : il était parisien et donc facile à rencontrer pour un journaliste et surtout, il ne ratait jamais une occasion de se mettre en avant, aux dépens des autres en général. Mon éditeur m’annonça que BOYER allait insinuer que j’étais un nazillon, une accusation dont raffolent les journalistes en quête de souffre, c’était sa façon habituelle de dénigrer ceux qui marchaient sur ses plates-bandes.

Sur l’insistance de mon éditeur, j’ai donc lu le maître et mon opinion ne changea pas. BOYER ne maîtrisait pas la question. Il confondait dates, lieux, individus, répétait des lieux communs depuis longtemps battus en brèche par les archéologues, façonnait des contre-vérités et proposait une synthèse incohérente des invasions. Il disait par exemple que les Normands étaient des commerçants avant tout, mais reprenait l’analyse de Lucien Musset qui considérait qu’avant la fin du 11e siècle, les Normands n’avaient aucune ambition commerciale en France… J’avais l’impression de lire le Petit Lavisse, le manuel des écoliers de la IIIe République, celui qui était rempli d’images d’Epinal. Pour résumer l’œuvre historique de Boyer, il a repris les travaux de Lucien Musset, Henri Pirenne, Jules Michelet et Albert d’Haenens (tous des valeurs sûres et dépassées) et a produit une synthèse bancale, résultat inévitable quand on prend des auteurs qui ont des lectures contradictoires. Bref, BOYER, grand « compillateur » (la faute est volontaire) devant l’éternel, ne m’impressionnait toujours pas.

La démarche du journaliste du Figaro de demander son avis à BOYER, le fondateur de l’institut des Langues scandinaves à la Sorbonne, est assez naturelle. BOYER est « La » référence parisienne. Par contre, demander à BOYER son avis sur la thèse que je développe, c’est un peu comme demander au pape si Dieu existe ou à Areva si le nucléaire a de l’avenir. La réponse ne fait pas de doute. Quand, en plus, le journaliste se dispense de donner un droit de réponse à l’auteur attaqué, l’article ne relève plus de la polémique, mais de la mise à mort. Combien de journalistes allaient s’intéresser à un ouvrage descendu par le « pape des Vikings » en personne ? 

Or, c'est bien le mot « polémique » qui est écrit dans le titre. Mon Petit Larousse définit polémique en ces termes. « Discussion, controverse sur des questions politiques, littéraires etc… » Une discussion suppose au minimum deux interlocuteurs. Une polémique qui se résume à un monologue, celui en l’occurrence d’un détracteur, ne relève pas dans mon idée de la polémique, mais plutôt du procès stalinien. Or, s’il y a bien un journal que je n’aurais jamais supposé recourir à de tels procédés, c’est bien le libéral Figaro…

Grosse déception, Monsieur TESSON.

Quant à l’article proprement dit, il n’est pas l’œuvre du journaliste, mais de Régis BOYER qui a dicté son contenu à un élève consciencieux, mais sans grand talent. Le summum de la médiocrité est atteint lorsque dans un élan rhétorique, Monsieur PAOLI écrit avec une légèreté impressionnante pour quelqu’un qui se dit écrivain politique :

« Depuis l’usage criminel que le national-socialisme fera du mythe du grand aryen blond, la division SS d’Oradour sur Glane ne s’appelait pas Viking pour rien, la prudence est de mise. »

En clair, ceux qui écrivent sur les Vikings, et qui ne sont pas professeurs d’université, doivent être présumés être des fascistes faisant l’apologie de la race aryenne. J’évoque une installation probable des Normands en Gascogne il y a douze siècles, un sujet nouveau et qui peut se révéler passionnant, et ce journaliste éprouve le besoin d’évoquer Oradour et Gobineau… La dialectique du nazillon est en marche… Boyer est aux manettes.

Ce n’est pas PAOLI qui a écrit cela. Il n’a fait qu’écrire sous la dictée. La preuve, c’est son allusion à la division SS Viking. Si Monsieur PAOLI avait écrit son article avec un minimum de conscience professionnelle, une recherche rapide sur Google lui aurait appris que c’est la division SS Das Reich, basée dans la région toulousaine, qui est responsable du massacre. La division SS Viking s’est illustrée uniquement sur le front russe…

Comment expliquer que ce journaliste « politique » n’ait pas songé à vérifier ses sources ? Tout simplement parce que cette information lui a été fournie clef-en-main par un « universitaire au-dessus de tout soupçon », donc une « source fiable ». Monsieur PAOLI a bu les paroles du ponte avec l’esprit critique d’un étudiant gominé, collé au premier rang. 

Ce n’est pas un article de presse. C’est un acte d’accusation rédigé par un greffier. Le résultat a été atteint : mon livre et moi-même avons été assassinés en première page du Figaro littéraire, Monsieur Boyer pouvait continuer de faire des ronds de jambes dans les cocktails et faire ses pétitions de principe au micro des radios dans la peau de Monsieur Loyal. En lisant cet article, je me suis dit que Minute n’était pas tout à fait mort.                         

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… au publi-reportage : 

En seconde partie, dans un article intitulé "Régis BOYER: ce qui fait le Viking, c'est son bateau", l’éminent Professeur BOYER –qui, sans surprise, s’intéresse plus à sa publicité qu’au débat- raconte sa vision des choses, une vision que je considère archaïque et fausse. A vous de juger.

On peut lire ;

« Les fantasmes sur « le grand aryen blond aux yeux bleus » découlent de cette mythologie… Il y a quelques chose qui résiste à la raison dans cet ensemble de légendes qui ont bâti le mythe viking ».

Le mythe viking n’a rien à voir avec la race. Frisons, Saxons, Francs, Angles, tous étaient blonds aux yeux bleus et aucun n’est devenu un mythe. Si le Viking est devenu un « mythe », j’aurais plutôt tendance à dire une « star » historique, c’est parce que pour la première fois l’envahisseur arrivait en bateau et non à cheval, il venait de l’ouest et non de l’est.  Il frappait où il voulait quand il voulait avant de disparaître à l’horizon. On ne savait pas comment l’arrêter. Bref, le Viking était un « extra-terrestre », normal pour un marin. La terreur engendrée s’explique d’autant mieux que l’Occident s’était largement détourné de la mer. Pour accéder au paradis, il fallait avoir une sépulture enterrée. Mourir en mer, c’était finir en enfer. La mer et ses monstres marins terrorisaient les Chrétiens. Seuls les moines irlandais osaient défier les océans. Lorsque les Vikings sont arrivés, ils étaient comme des diables venus de nulle part. Le mythe ne doit rien à l’apparence physique et tout à la logistique révolutionnaire de l’envahisseur. D'ailleurs, il le dit lui-même : ce qui fait le Viking, c'est son bateau!

« Une fois hors de leurs bateaux, les Vikings ne sont plus guère redoutables. A terre, ils ne gagneront jamais une bataille ! »

Les Vikings ont mis l’Europe sans dessus dessous pendant 70 ans sans remporter la moindre bataille ?! Monsieur BOYER devrait arrêter de sniffer des rails de craie. Il prétend avoir tout lu, c’est possible, mais l’important c’est de comprendre ce qu’on lit.

 Le 10 février 880, à Ebstorp, dans le Lunebourg, « Brun, duc des Saxons et frère de la reine, deux évêques et douze comtes restèrent sur le champ de bataille : beaucoup de Saxons furent entraînés par les vainqueurs, qui en se retirant dévastèrent la Frise et pillèrent Utrecht ». Annales de Fulda, 880

En 885, « Ragnold, duc du Maine rassembla en hâte ses gens de guerre dans la Neustrie et la Bourgogne et se porta sur la Seine au devant des Normands. Ceux-ci acceptèrent le combat. Par malheur pour les Francs, le duc Ragnold fut un des premiers qui tombèrent sous les coups des païens. Découragées par la perte de leur chef, ces troupes retournèrent dans leurs foyers, pendant que les Normands commettaient impunément des massacres et des incendies sur le bord de la Seine ». Annales Vedastani, 885

« Non loin de Maestricht, le 16 juin 891, ils battirent complètement les Franconiens, tuèrent l'archevêque Sunderold de Mayence, le comte Arnolphe et un grand nombre de nobles, s'emparèrent du camp allemand, massacrèrent leurs prisonniers, et après cet exploit, revinrent sur Louvain ». Annales de Fulda


En 925, « Rollon perdit onze cents hommes, mais Rodolphe fut blessé et le comte Helgaud fut au nombre des morts. Les Francs se retirèrent, laissant les ennemis maîtres du pays ». Flodoard, 926
Ces extraits sont tirés d'un ouvrage, il est vrai "assez révolutionnaire", de Georges-Bernard DEPPING,"Les expéditions maritimes des Normands et de leur établissement en France au Xe siècle", il est paru à la Découvrance  en 2005.   Monsieur BOYER ne l'avait sans doute pas lu, car trop récent. Il s'agit en fait d'une réédition : Georges-Bernard DEPPING est mort en 1853 et son ouvrage a été publié en 1844. Je félicite au passage cet éditeur pour avoir réédité le meilleur ouvrage jamais écrit sur les Vikings en France!

Monsieur BOYER dit qu’ils n’ont jamais remporté de bataille rangée… Il suffit de lire le français pour se rendre compte qu’il s’agit d’une contre-vérité. On me conteste le droit de critiquer BOYER parce que je ne suis pas de l’université… Ce droit de critiquer, je le prends. Je ne suis peut-être pas diplômé en histoire, mais je suis diplômé de la plus prestigieuse des écoles de France. Comme tout un chacun, j’ai usé mes fonds de culottes sur les bancs de l’école de la République où j’ai appris à lire le français. Ceux qui me rétorquent qu’il faut être historien pour comprendre un texte et rejettent mes analyses sans les connaître, devraient se montrer plus humbles. Lorsque quelqu’un dont le seul mérite est de savoir le français parvient à mettre en difficulté certains historiens, c’est que le travail a été mal fait. Soit dit en passant, PAOLI, qui n’est pas à une approximation près, présente BOYER comme  historien. Il est professeur d’anglais de formation. 

Monsieur PAOLI de son côté écrit : « A chaque fois qu’une armée décidée leur barrait la route, ces champions du raid, le fameux strandhogg, n’ont pas insisté. »

Donc, si je comprends bien, ils ont réussi à prendre Paris (trois fois), Bordeaux, Nantes, Clermont, Limoges, Angoulême, Poitiers, Orléans, Tours, Chartres, Beauvais, Dax, Lisbonne, Séville, Arles, Nimes, Pise, Constantinople, Londres, Hambourg, Anvers et quelques autres cités car ces cités n’étaient pas défendues par des "armées décidées"… Qui peut croire une ânerie pareille ? Qui peut croire que ces cités ont été prises par surprise à l’occasion de strandhogg ? Bordeaux a subi un siège de plusieurs mois avant de tomber pour la première fois en 848! C'était un long strandhogg!
  Ceci dit, Boyer a raison de prendre les gens pour des ânes. PAOLI ne répète-t-il pas ces absurdités en première page du Figaro littéraire…?

« Ils sont trop peu nombreux et moyennement armés. »
Je ne comprends pas ce que signifie « moyennement armés »… Qui est « bien armé » à l’époque ?

Leur faible nombre est un autre argument de BOYER, je dirais l’élément central de son analyse. Voilà ce que pense le maître : Comme ils étaient peu nombreux, ils n’ont pas pu  commettre tous les dégâts qu’on leur impute. Donc, les moines irlandais, anglais, neustriens, bretons et aquitains ont forcément exagéré les destructions. Les chroniqueurs francs, galiciens et andalous qui décrivent les flottes, ont tous grossi le nombre de leurs ennemis. Ils ont tous menti. Parce qu'ils n'étaient pas assez nombreux, ils n'ont pas pu gagner de bataille rangée contre les Francs. Parce qu'ils étaient trop peu nombreux, ils n'ont pas pu coloniser la Normandie. 
Pour arriver à cette conclusion d’un complot des chroniqueurs à l’échelle européenne, cet éminent linguiste s'essaie à la démographie : « Aujourd’hui, toutes nations confondues, les Scandinaves ne comptent pas tout à fait 19 millions d’âmes. Reportez-vous à il y a douze cents ans et déduisez leur nombre ; il est tout simplement impensable qu’ils aient pu constituer de véritables armées ou de grosses flottes. » Les vikings, Idées reçues, Cavalier Bleu, 2002, p.41-42.
 On peut produire de très belles équations avec une telle rigueur scientifique !
Regardez la population de Rome aujourd’hui ; imaginez la ville il y a deux mille ans, et vous voyez bien qu’il est impossible que cette ville ait pu avoir un empire s’étendant sur trois continents...

Cette manipulation scabreuse, ce "bonneteau démographique", lui permet d’affirmer que les moines et les chroniqueurs sont des menteurs… Mais ils sont où les historiens ? Depuis trente ans Monsieur BOYER raconte ânerie sur ânerie et aucun historien ne le remet à sa place ? Les historiens !!! Coucou !!! Ya quelqu’un !?! 

« Les Arabes qui dominent la Méditerranée et n’eurent jamais à les subir (sic) les voient en ethnologues. Dans leurs rapports diplomatiques ils les voient comme des experts en commerce en tout genre, sans être effrayés le moins du monde ! »

C’est une des grandes inventions de BOYER. Il affirme que les moines diabolisent les Normands, exagèrent leurs destructions, qu’il faut diviser par dix les chiffres qu’ils donnent… Pour arriver à ce brillant constat, BOYER compare les écrits catastrophés des moines en Occident, avec ceux des Arabes en Russie. Ces Arabes de Russie, loin d’être effrayés par les Varègues, commercent avec eux et les regardent en « ethnologues ». Si Monsieur BOYER avait un peu d’honnêteté, il devrait prendre en compte les auteurs arabes d’Occident, ceux d’Andalousie en l’occurrence, qui sont confrontés aux mêmes Vikings que les moines irlandais.
  S’il avait fait cet effort, il aurait découvert, ô surprise, que les Arabes cessent d’être ethnologues… Ils haïssent les Madjous et les redoutent tellement que dès l’attaque de 844, l’émir de Cordoue restaure les remparts de Séville, crée des arsenaux et met à flot une puissante escadre de guerre qui doit croiser de la Galice à la Catalogne, il ordonne la construction de Ribats, des forteresses, tout le long de la côte de la péninsule, partout où les Vikings sont susceptibles d’échouer une flotte; il jalonne les côtes de tours de guet. Si cela, ce sont des réactions d’ethnologues… 
Cette réaction assez spectaculaire pose question : l'émir de Cordoue n'est-il pas un peu catastrophiste ? Pourquoi panique-t-il ? C'est BOYER qui le dit "Les Arabes qui dominent la Méditerranée ... n'eurent jamais à les subir"!
Pourquoi il se met dans tous ses états l'émir ? Saurait-il des choses qu'on ne nous aurait pas dites ? Non, c'est absurde. Les textes arabes mentent. Ils exagèrent, ils déforment, c'est évident. 
Le chroniqueur Al-Nowairi nous dit que les Madjous qui attaquent l'Andalousie "viennent des parties les plus reculées d'Espagne"... Or, pour eux, la Gascogne fait partie de l'Espagne... Les Vikings qui prennent Séville en 844 viendraient de Gascogne ?  Le verdict de BOYER est clair. Ils ne peuvent pas venir de Gascogne, puisque la Gascogne n'a pas "subi les invasions vikings!" Al-Nowairi, comme tous les autres, est un menteur. 
La réalité, c’est que les Vikings qui ont déferlé sur l’Occident ont été beaucoup plus dévastateurs que les Varègues en Russie. Et mettre sur le même plan les écrits des Arabes en Russie avec ceux des moines  pour prouver que les hommes d'église n’étaient pas crédibles quand ils décrivaient les dévastations subies, c’est malhonnête. Les armées napoléoniennes se sont bien comportées en Hollande, donc les Espagnols qui décrivent une occupation cruelle sont des menteurs. Après le bonneteau démographique, Monsieur BOYER se met au bonneteau historique. Pourquoi changer d’approche ? C’est une affaire qui roule !

Ils s’aperçoivent qu’il est plus facile d’obtenir  ce que l’on veut avec une hache à double tranchant qu’en d’interminables palabres »

La hache à double tranchant n’a jamais été une arme viking. En quarante ans, Boyer a réussi à comprendre que le casque à  cornes et les crânes d’apéritif, c’était du folklore, mais la double hache est passée au travers. Cependant, à la différence de BOYER, je n’ai pas tout lu. Aussi je veux bien qu’il me montre la photo d’une double hache viking ou un texte évoquant une telle double hache !

« Sans son knorr, le Viking n’existe pas. Une fois qu’il disparait, il n’y a plus de phénomène viking. »

Ce n’est pas un universitaire qui écrit cela, c’est un marchand d’aspirateur. Moi aussi, je vais en faire une :« Sans son cheval, le Hun n’existe pas. Une fois que son cheval disparaît (remplacé par la mobylette ?), il n’y a plus de phénomène hunique. » 
BOYER confond la fin et les moyens. Ce n’est pas parce que leurs navires cessent d’être compétitifs que les invasions s’arrêtent, mais bien parce qu’elles n’ont plus de raison d’être. Et elles n’ont plus de raison d’être car les Vikings ont atteint leurs objectifs. Ils se sont rendus maîtres des territoires qu’ils convoitaient, les desperados sont devenus propriétaires terriens et se sont « embourgeoisés ». Leurs descendants conquerront l’Angleterre, la Sicile et participeront aux croisades avec le même type de navire que leurs ancêtres.

« Monsieur Supéry devrait ouvrir un supermarché plutôt que de faire de l’histoire »

 Monsieur Boyer aime les jeux de mots.  Le jour où j’ouvrirai un supermarché, je le mettrai en tête de gondole avec un micro à vendre des peignes pour chauves. Il y arrivera très bien. Je ne le mettrai pas à la caisse, question de confiance, ni à la boucherie car il prend des vessies pour des lanternes.

« C’est l’inverse de la démarche scientifique. La volonté d’exploiter une thèse que l’on désire légitimer en l’échafaudant à partir de chroniques du Moyen-Age dont tous les historiens sont d’accord pour nier le caractère rigoureux. »

Le principal texte sur lequel je m’appuie sont les Annales de Saint Bertin, c’est le texte de référence pour quiconque prétend étudier la période. Monsieur BOYER ne connait pas ce texte, car s’il l’avait lu et compris, il dirait moins de bêtises.
  Par ailleurs, considérer qu’émettre une hypothèse et tenter de la vérifier n’est pas une démarche scientifique, cela prouve que Monsieur BOYER ne sait pas ce qu’est la recherche. Ce n’est pas étonnant, son œuvre se résume à recopier ce qu’ont écrit ses prédécesseurs avec beaucoup moins de talent et de clarté.
  Ce qu’il fait le mieux, c’est traduire de l’anglais au français. C’est normal pour un agrégé d’anglais.

En guise de conclusion…

J’ai contacté Monsieur PAOLI qui m’a présenté ses excuses et promis de faire "quelque chose pour rattraper le coup". Il évoquait un article dans le Figaro Magazine pour mon prochain livre. Comme les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, il n’a rien fait.

De son côté, quand j’ai croisé BOYER, il m’a juré qu’il n’avait jamais parlé de supermarché. C’était une invention du journaliste. Puis sur le ton de la confidence : « Vous savez comment sont les journalistes ! Vous leur dites une chose, ils en écrivent une autre ! »

Je sais, je sais.

Joel Supéry, novembre 2011

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Les Vikings, colons en Gascogne, 

de Christophe LUCET
SUD-OUEST Dimanche, 3 juillet 2005,

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Vikings: des idées fausses à corriger.

de Franck BOITELLE
PARIS NORMANDIE, Samedi 20 et dimanche 21 aôut 2005 

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Joël Supéry a percé le Secret des Vikings.


Franck BOITELLE
PARIS NORMANDIE, Juillet 2005

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